Landsgemeinde (communauté rurale)

Tous les ans, le dernier dimanche du mois d’avril, environ 3 000 personnes autorisées à voter se rassemblent à Appenzell sur la Landsgemeindeplatz pour participer à la Landsgemeinde, l’assemblée des citoyens. Cette vielle institution démocratique ne subsiste que dans les cantons d'Appenzell Rhodes-Intérieures et de Glaris. Appenzell Rhodes-Extérieures l’a supprimée en 1997. Les citoyens organisent des scrutins et prennent des décisions à l'échelle cantonale sur toutes les affaires de l’année. 

 

Emplacement

Appenzell

 

Horaires

Dernier dimanche du mois d'avril

 
 

Sont admis à voter les citoyens du canton ainsi que les citoyens suisses résidents âgés d'au moins 18 ans. Depuis 1991, c’est la carte électorale qui sert de justificatif pour la participation. Les hommes disposent aussi de l’arme blanche portée au côté, une épée transmise de génération en génération qui, jusqu’en 1991, était la seule attestation de droit de vote. Les femmes, qui à Appenzell Rhodes-Intérieures ne disposent du droit de vote et de celui d’être élues au niveau du canton que depuis 1991, présentent tout simplement leur carte d’électeur. À propos du droit de vote des femmes: après un énième refus de l’Assemblée des citoyens en 1990 d’instaurer le droit de vote des femmes, c’est le Tribunal fédéral qui a fini par donner raison aux citoyennes après le dépôt d’une plainte pour anticonstitutionnalité. En 1991, elles ont pu monter elles aussi pour la première fois sur le ring. 

La Landsgemeinde s'ouvre sur un office religieux solennel à 9 heures à l’église paroissiale Saint-Maurice, où l’Assemblée des citoyens se réunissait jadis par mauvais temps. Le cortège composé de la Commission d'Etat (gouvernement cantonal), du tribunal du canton, des porte-drapeaux de Rhodes avec leurs bannières colorées et des invités d’honneur quitte la mairie à 12 heures pour se rendre à la Landsgemeindeplatz. Là, le gouvernement précédé de l'huissier du pays («Landweibel») gravit la tribune appelée «Stuhl». Après avoir souhaité la bienvenue aux participants, le président du gouvernement («Landammann») présente les comptes publics et ouvre le débat. Toute personne ayant droit de vote peut alors monter à la tribune, présenter une requête ou formuler une critique.

La Landsgemeinde élit les deux présidents et les  cinq autres  membres de la Commission d'Etat (pouvoir exécutif), chacun d'entre eux représentant un département, mais aussi les membres du Tribunal cantonal et son président.

 

Les titres historiques donnés aux membres du gouvernement surprennent aujourd’hui: Landammann (président du gouvernement): ils sont au nombre de deux et alternent par roulement de deux ans aux fonctions de président en exercice et président inactif, Statthalter (qui représente le département de la santé et des affaires sociales), Säckelmeister (département des finances), Landeshauptmann (département de l’agriculture et de l’exploitation forestière), Bauherr (département de la construction et de l’environnement), Landesfähnrich (département de la justice, de la police et des affaires militaires). Les membres de l'assemblée votent en levant la main droite. Si l’on ne peut pas évaluer clairement la majorité du vote, il faut procéder au décompte des voix. Cette procédure vaut également pour les affaires à traiter après les votes. 

La Landsgemeinde édicte et révise la constitution et les lois, statue sur les décisions financières et les initiatives importantes. Tout projet peut faire l’objet de discussion. De plus, tout participant (homme ou femme) ayant droit de vote peut soumettre des propositions qui doivent être déposées par écrit avant le 1er octobre de l’année précédant la tenue de la Landsgemeinde. Les propositions concernant les élections se font par acclamation.

Les opposants à la Landsgemeinde mettent toujours en avant l’argument de la participation inéquitable à l’assemblée, à savoir que les malades et les personnes absentes du village ne peuvent y participer. Le vote non secret, à main levée, fait aussi l’objet de critiques. Il peut en effet compliquer le vote de certains commerçants, qui hésitent à exprimer leur opinion car ils redoutent des retombées négatives sur leur activité professionnelle. Malgré tout, une grande majorité de la population reste attachée à la Landsgemeinde.